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30ème TOUR DU FASO : les points faibles et les temps forts vus par deux journalistes, spécialistes du sport

D 11 novembre 2017     H 12:30     A Toute info     C 0 messages


Le Tour cycliste international du Faso a refermé ses portes le dimanche 5 novembre dernier. Une 30e édition qui a vu la tunique tant convoitée dans cette compétition échoir au Marocain Salaheddine Mraouni succédant ainsi au Burkinabè Harouna Ilboudo. Quels ont été les temps forts de ce Tour ? les points faibles ? Ce sont entre autres questions que nous avons posées à deux journalistes qui ont suivi les cyclistes sur les pistes du Tour.

« Comment des téléphonies mobiles qui sont partenaires dans les grands évènements de par le monde soient incapables d’être présents sur le Tour du Faso ? »

Il faut déjà se réjouir de la tenue de cette 30e édition. Trente fois déjà que le Tour a pu se tenir. C’est un exemple de régularité, de professionnalisme qu’il faut saluer à sa juste valeur. Pour cette édition 2017, il faut saluer la présence de seize (16) équipes sur ce Tour du Faso. Un Tour international classé en 2.2 au niveau de l’Union cycliste international (UCI) qui envoie toujours des commissaires UCI pour superviser la course. C’est la preuve déjà que le Tour du Faso est bien côté et bien suivi du côté des instances internationales de la « petite reine ». Il faut également noter la valeur des équipes présentes pour cette année au Tour du Faso. Lorsqu’on a la chance d’avoir un Tour du Faso avec une équipe hollandaise, belge, deux équipes françaises, une équipe allemande ; des équipes marocaines, ivoiriennes, érythréennes qui sont des valeurs montantes de cyclismes africains, on peut déjà se réjouir de la qualité des participants. Sans oublier le Burkina Faso avec ses trois équipes. La preuve véritablement que ce Tour attire, la preuve aussi, des candidats ont été recalés parce qu’on ne pouvait pas prendre plus que les équipes qui ont été prises pour cette édition. En sus, il faut se réjouir de la qualité du spectacle fournit sur les routes du Burkina Faso lorsqu’on a vu ce maillot qui « brulait » sur les épaules de ces différents détenteurs. Le maillot jaune porté par l’Ivoirien Abou Sanogo lors de la première étape, récupérée après par le Marocain Mraouni Salaheddine, portée après par Saymon Musie, récupérée par Benjamin Stauder avant d’échoir sur les épaules du Marocain Mrouani Salaheddine. C’est aussi pareil pour le maillot rose des points chauds qui est passé d’épaule en épaule avant de se stabiliser sur les épaules du Marocain. C’est la preuve aussi qu’il y avait de l’enjeu, de la qualité sur les routes du Burkina. Laquelle qualité qui se prouve par cette vitesse moyenne horaire. Lorsqu’on prend une étape comme Kokologho-Boromo, on atteint des pics de 45, 864km/h de vitesse moyenne. La preuve, il y a eu des forçats de la route, des garçons qui connaissent la route et qui ont vraiment pédalé. Idem pour l’étape Dédougou-Koudougou, la 9e étape, où on pensait que les garçons allaient être fatigués de 8 jours de course, mais cela n’as pas été le cas car ils avaient encore de la jambe, de la ressource physique pour faire 44 km/heure. Je pense qu’il faut se réjouir de cela, de la qualité du spectacle qu’il y a eu pour ce Tour du Faso 2017.
Il faut souligner que cette année, il n’y a pas eu de contrôle anti-dopage sur le Tour du Faso. C’est vrai que les gens n’en parlent pas trop mais c’est un élément hyper important. Le contrôle anti-dopage permet de crédibiliser une course. Généralement, au Tour du Faso c’est une seule personne qui le fait, mais cette année, il est tombé malade, on n’a pas pu le faire. C’est la preuve aussi, qu’il faut songer à trouver des remplaçants à nos hommes. Il est malade et il n’y a pas de contrôle anti-dopage, c’est-à-dire qu’il est seul à pouvoir le faire au Burkina Faso, ce n’est pas normal. Nul n’est indispensable, il faut pouvoir trouver des hommes capables de suppléer ainsi des cas de forces majeurs. Un autre couac, c’est l’adressage au niveau de Bobo Dioulasso ou les forces de sécurité n’ont pas pu bien coordonné avec les organisateurs. Il y a eu bien évidement une fausse piste qui a été empruntée par le critérium de Bobo Dioulasso. Heureusement que tout est rentré dans l’ordre avec un repositionnement des uns et des autres pour pouvoir repartir de plus belle dans la course. Aussi, les fausses notes, c’est ce qui concerne les populations sur notre route. Nous avons vu des ralentisseurs sauvages qui ont été construits et véritablement cela ne fait pas honneur au Burkina Faso. Il y a des ralentisseurs qui sont conçus par les techniciens de la route qui sont bien fait, mais il y a des ralentisseurs que les populations vous construisent et qui ne répondent à aucune donnée technique plutôt des mouroirs pour les uns et les autres. C’est vrai qu’il faut que les populations comprennent qu’elles ont besoin de se protéger vis-à-vis des forçats de la route, mais il faut aussi tenir compte de ceux qui respectent le code de la route pour ne pas créer véritablement des situations très déplorables.
Aussi, le Burkina Faso qui mine de rien n’a obtenu qu’une seule victoire d’étape comparé à la Côte d’ivoire qui avait six (6) coureurs, qui a obtenu deux victoires d’étape. Il faut pouvoir mettre un doigt sur cette contre-performance du Burkina Faso sur ce Tour du Faso et tirer véritablement des enseignements. Car quand on regroupe des leaders de tout le pays dans une seule équipe et vouloir que cette équipe nous amène des lauriers ce n’est pas évident. Le cyclisme comme toutes les autres disciplines, il faut de besogneux qui vont travailler pour les autres, des gens qui seront au service des autres.
Par ailleurs, il existe des guéguerres qu’il faudrait rapidement régler entre la nouvelle fédération burkinabè de cyclisme et les présidents des clubs. Je parle principalement de l’AJCK qui a fourni le plus gros lot des cyclistes au Burkina Faso dans ce Tour du Faso. Il y a eu quelques problèmes de communications.

Je vous le dis franchement sans détour, comment un Tour de référence comme le Tour du Faso, une compétition qui est vue dans plus de 78 pays de par le monde. Un Tour qui est suivi par des milliers de téléspectateurs. On peut être au Burkina Faso, on crie que le Tour du Faso est un patrimoine national, ce qui est une réalité à côté du FESPACO, du SIAO, de la SNC, le Tour du Faso est aussi une référence internationale et un patrimoine qu’il faut préserver de la façon la plus sérieuse. Comment des multinationales comme les téléphones mobiles qui sont partenaires dans les grands évènements de par le monde soient incapables d’être présents sur le Tour du Faso. Quand on peut faire autant de milliards de bénéfices dans un pays, il faut être soucieux de l’épanouissement des populations de ces pays-là. Et l’épanouissement passe par la participation à des évènements majeurs comme le Tour du Faso. Il faut que les téléphonies mobiles se ressaisissent et qu’elles viennent mettre de l’argent dans une manifestation aussi majeure que le Tour du Faso.

« La présence du président a enlevé un peu le goût de supporter »

Ce qu’on peut retenir du 30e Tour du Faso, c’est d’abord la qualité des cyclistes. Il faut savoir que lors de cette édition le niveau était élevé et cela se remarquait par l’instabilité du maillot jaune jusqu’à la fin. Le maillot jaune changeait de porteur à chaque étape. Nous pouvons également noter la vitesse moyenne qui a failli frôler les 46 km/h, ce qui veut dire qu’il y a eu de grands cyclistes qui ont participé à ce Tour. Aussi, de mon point de vue, l’organisation a été parfaite. Du point de vue sécurité, nous n’avions pas eu de problèmes. La majeure partie des cyclistes qui ont pris part, ont été vraiment satisfaits de ce 30e Tour du Faso.

Certes j’ai salué l’organisation, mais il y a eu un peu de faille à ce niveau. A Ouahigouya, au niveau de la 3e étape, on a dû attendre le lendemain pour connaitre le vainqueur du maillot jaune, en premier lieu, on a donné le maillot jaune à Saymon Musie et au moment de monter sur le podium, on a retiré le maillot pour donner à Benjamin Stauder et le lendemain pour le départ, nous avons appris que le maillot jaune revenait au Français Frédéric Claim. Aussi, à Bobo-Dioulasso, lors de l’arrivée lorsqu’on devait faire le critérium dans la ville de Bobo-Dioulasso, la commission technique a été obligée d’annuler la course parce que l’échappée qui était à plus de 2 minutes du peloton a pris un autre circuit que le tracé normal, ils ont dû annuler la course pour les ramener et les permettre de prendre leur égard avant de laisser le peloton. Ce sont entre autres tâches noires de cette 30e édition.
Vis-à-vis de nos cyclistes, les appeler à redoubler d’efforts parce que le niveau était très élevé. Ce n’est pas dire que nos cyclistes n’ont pas été forts, plutôt que les autres cyclistes étaient à la hauteur. Ils étaient au-dessus des nôtres. J’appelle nos cyclistes à se « battre » davantage pour atteindre ce niveau et donner satisfaction à la population.
Une remarque que j’ai aussi faite à l’arrivée finale, je veux parler de la présence du président du Faso. A mon avis c’est une bonne chose que le premier responsable vienne soutenir une telle compétition, mais sa présence a enlevé un peu le goût de supporter. On était obligé de se tenir à carreau parce que tout était bien ordonné par sa présence (Roch Kaboré).

Propos recueillis par Aziz Tiendrebeogo

TOUTE INFO, quotidien d’informations en ligne

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