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Serge Lianhoué Bayala : Sur les pas de Thomas Sankara

D 21 octobre 2018     H 12:20     A Toute info     C 0 messages


« Tuer Sankara et des milliers de Sankara naitront »disait le père de la révolution burkinabé. Aujourd’hui, plein de jeunes prennent Noel Isidore comme un repère. Serge Lianhoué Bayala ,deuxième secrétaire général du cadre de débat « 2h pour nous, 2h pour kamita » fait du natif de Yako un père spirituel. A la découverte de ce jeune étudiant à l’occasion du 31e anniversaire de l’assassinat du père de la révolution. Lianhoué comme il le souhaite lui-même être appelé, est inscrit en master 2 de littérature et culture africaine à l’université Ouaga1, également a fini un master 2 de prévention de crise et de gestion de la paix sociale et par ailleurs secrétaire permanent du mémorial Thomas Sankara.

TOUTE INFO : Vous affirmez sur des medias que vous êtes proche des idéaux de Thomas Sankara, que voulez-vous insinuer par-là ?

Notre proximité avec les idéaux de Thomas Sankara, c’est notre légitimité à porter ces idées et les transformer en actions. Nous nous battons de façon quotidienne pour les vivres et non les réciter. Faire en sorte que l’intégrité tant prônée par Sankara soit un exercice de son être moral, psychologique et physique qui nous conduira vers une incorporation naturelle des bonnes pratiques.

Etes-vous différent des autres sankaristes ?

La différence que nous disons qui pourrait exister entre nous, c’est que nous avons voulu du sankarisme autrement. Ce n’est pas la quantité du tee Shirt ni la taille de la tête de sankara sur le tee shirt qui détermine ton âme sankariste. Mais la question essentielle c’est de savoir qui est capable de répercuter le vivre de Sankara tout en appartenant à son époque. Le sens de la rigueur, le champ des valeurs que l’homme a incarné voilà ce qui guide notre type de sankarisme contrairement au sankarisme de slogan, de pancartes .Et surtout créer un pouvoir générateur de partage. Ainsi on ne doit pas voir quelqu’un qui porte l’habit de Sankara et qui brûle le feu (tricolore ndlr).

31 ans après son assassinant, quelle appréciation faites-vous du dossier en justice ?

Ce dossier en justice par volonté structurelle de la promotion de l’impunité, je dis bien volonté structurelle parce que les acteurs à qui nous demandons justice pour Noel Isidore jouissent de l ‘impunité. C’est utopique de demander aux promoteurs de l’impunité de mettre fin à l’impunité. Il appartient aux victimes de l’impunité de créer d’autres champs de juridiction afin d’obtenir la justice pour celui que les promoteurs de l’impunité ont écarté tragiquement. J’en appelle en une révision de la législation en matière de justice car notre justice est une justice de promotion de l’impunité.

Y a-t-il une lueur d’espoir après la levée du secret-défense en France ?

Je suis né le 07 octobre 1987 ,31 ans après j’ai perdu espoir par rapport au dossier sankara .J’étais aussi naïf à tel point que cette naïveté m’effraie aujourd’hui. J’espérais des lendemains meilleurs, qu’un jour la vérité sera établie mais hélas les résultats des tests ADN m’ont déçus. J’ai cru à un moment donné que la roche pouvait devenir de la glace dans de l’eau mais une roche mise dans de l’eau à la place d’une glace ne va jamais se diluer. Si nous voulons une justice pour Sankara, il va falloir oublier la justice classique mais passer à cette justice de la reconnaissance collective.
Concrètement quelles sont les actions menées sur le terrain pour perpétuer les œuvres du capitaine Sankara ?
Les activités que nous menons ici c’est l’éducation populaire à travers le cadre 2h pour nous 2h pour kamita .Et d’autres cadres de débats dans les universités au Burkina et sur le continent et même hors du continent. Pour mieux matérialiser notre proximité avec le natif de Yako, nous faisons des actions concrètes, nous par exemple en tant qu’étudiants, nous devons produire et consommer nos productions. La preuve est que nous avons un champ à 150Km de Ouagadougou où nous avons semé du petit mil, du sorgho, arachide et du mil. Alors que dans la tête d’un étudiant retourner au champ c’est échouer dans sa vie et même ton papa ne comprendra pas ton choix. Cela rappelle un pan de la politique de sankara qui voulait que les fonctionnaires et les étudiants aient un lopin de terre pour garantir une dignité alimentaire.

Un message à l’endroit de la jeunesse

A l’endroit de la jeunesse, je dirai que les jeunes doivent être des alliés de la rigueur et de la force du travail. Nous devons avoir une force illimitée pour l’apprentissage car les défis sont nombreux à relever et cela ne peut pas se faire avec un cerveau cru ni dans la paresse. Notre jeunesse doit avoir un caractère de rock, un cerveau productif, et surtout avoir le sens de la curiosité élevée et un sens de l’initiative très développée .
Propos recueillis par Camille Baki

TOUTE INFO, quotidien d’information en ligne

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