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Procès putsch manqué : Me Farama choque le colonel-major Boureima Kiéré

D 15 novembre 2018     H 12:26     A TOUTE INFO     C 0 messages


Ce mercredi 14 novembre 2018 marque le troisième passage du colonel-major, Boureima Kéré à la barre du Tribunal militaire qui le juge dans le cadre du dossier du putsch manqué du 16 septembre 2018. Le jour 3 du colonel-major sera marqué par les séries de questions et d’observations des avocats des parties civiles dans le but de prouver la culpabilité de ce dernier.

C’est le troisième jour que le colonel-major, Boureima Kéré passe à la barre dans le cadre du dossier du putsch manqué. Durant ses deux premières comparutions, il a fait des révélations dignes d’intérêt. Il est le seul à avoir accusé la hiérarchie militaire avec à sa tête le général de division Pingrénoma Zagré, chef d’Etat major général des armées à l’époque d’avoir accompagné le coup d’Etat. S’il a reconnu avoir posé des actes tendant à accompagner le coup qui a été perpétré ; pour sa défense, il dit l’avoir fait à cause de la position adoptée par la hiérarchie militaire. Il va relever également les pressions qu’il a subies durant les évènements pour expliquer son geste. Peut-on dire qu’il est complice du coup d’Etat ? Personnellement, il ne voit pas les choses de cette manière ; ce qui n’est pas le cas de l’avocat de la partie civile, Me Prospère Farama. Il va d’ailleurs chercher à le prouver à travers de questions qu’il a posées à l’accusé et des observations qu’il a faites. Parlant d’observation, c’est par là qu’il a débuté son intervention. Reconnaissant que le tour des questions au colonel-major a été fait, il explique que s’il s’est résolu à lui poser des questions, « c’est parce que dans un pays où les militaires de certains grades font un coup d’Etat, cela est éminemment grave » a-t-il souligné. Parlant de l’accusé, il indique que la seule chose qui le dérange, c’est le manque de fermeté qui transparait dans certains de ses propos. Néanmoins il dit savoir que le militaire est un homme pétri de valeur. C’est donc parti de cette observation que l’avocat va commencer sa série de questions. La première était : « est-ce que vous confirmez quand vous dites qu’au cours d’une rencontre, le CEMGA a cédé son fauteuil au général Gilbert Diendéré en disant : M. le président du CND et les autres chefs militaires se sont levés pour lui faire les honneurs » ? Sans surprise l’accusé va confirmer. La partie civile rebondit en lui demandant à savoir s’il confirme que la hiérarchie militaire a accompagné le coup d’Etat ? Il va de nouveau confirmer. Jouant avec les mots, l’avocat va lui demander à savoir s’il accepte que si la hiérarchie a fait un coup d’Etat en accompagnant le putsch, lui également qui a accompagné l’opération a aussi fait un coup d’Etat. Le prévenu va répondre par la négation avant d’ajouter qu’il était dans une situation où seul il ne pouvait pas s’isoler. Tout en comprenant la position du militaire, Me Farama va indiquer que celui qui accompagne un putsch est dans le putsch.
Poursuivant, il va lui poser les questions suivantes : « ai-je bien noté que dans l’institution du point de vue fonctionnelle vous avez le même rang que le chef d’Etat major de l’armée de terre ? » ? L’accusé va répondre par l’affirmatif. « Le général Gilbert Diendéré fait-il partie de l’armée de terre » ? Oui a répondit-il de nouveau. A la question de savoir Si le général Gilbert Diendéré et le chef d’Etat major de l’armée de terre se retrouvent qui commande ; le prévenu va faire comprendre que devant les hommes c’est le chef d’Etat major de l’armée de terre qui commande mais qu’entre les généraux, il y a une autre disposition. Se basant sur la réponse reçue, Me Farama va rebondir : « quand c’est vous et le général qui commande » ? « Théoriquement le chef d’Etat major particulier de la présidence ne préside pas les couleurs, c’est une particularité au RSP » a répondu le colonel-major. Tirant conclusion de la réponse qui lui a été fournie, l’avocat observant que dans la logique où Gilbert Diendéré est sans fonction, il ne peut donc pas le commander ; il lui demande à savoir s’il trouve normal que vu l’organigramme, le général qui n’a aucune fonction ai autorité sur lui. En réponse, l’accusé va rappeler que de mensuellement au rassemblement de la troupe c’est le plus gradé qui dirige. N’étant pas convaincu par la défense de son vis-à-vis, Me Prospère Farama va rappeler au Tribunal que c’est lui qui a lu le communiqué du CND devant la hiérarchie militaire sur instruction du général Diendéré et lui-même a reconnu l’avoir fait car c’est un général qui le lui a ordonné a-t-il soutenu.

Le colonel-major a signé le communiqué, il est complice

Le colonel-major a signé le communiqué faisant du général Gilbert Diendéré le président du Faso et il l’a reconnu tout en précisant qu’il était sous pression. Pour Me Farama celui qui signe le communiqué est complice du putschiste. C’est donc convaincu de cela qu’il lui demande à savoir est-ce que celui qui signe un coup d’Etat dans des circonstances exceptionnelles fait partie des putschistes. Ne voulant pas répondre, l’accusé déclare : « c’est à vous d’apprécier ». Comme observation, le conseil de la partie civile affirme comprendre qu’il y a des gens qui s’embarque dans un coup d’Etat par peur, mais cela ne les dédouane pas a-t-il signifié. Dans le cas présent, il indique que si l’on prend en compte les conditions dans lesquelles l’officier a été embarqué, l’on peut retenir des circonstances atténuantes. Il rappelle cependant que cela ne peut pas le dédouaner pénalement. Afin de se faire une idée précise de la situation, il va chercher à savoir si c’est par peur ou par suivisme de la hiérarchie que Boureima Kéré a accompagné le coup d’Etat. L’intéressé a simplement souhaité ne pas répondre.

Thierry LOMPO

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