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NOUVEAU RÉGIME UNIVERSITAIRE : Une disposition pour faire échouer les étudiants en masse (Interview D. Ismaël Traoré)

D 29 juillet 2019     H 14:00     A Alain Yaméogo     C 0 messages


Le nouveau régime d’étude est la dernière trouvaille du ministère pour régir les universités publiques du Burkina Faso. Ce régime pour les premières autorités sera une parade pour évacuer les chevauchements et les retards académiques ,maux de nos universités. Cependant ,les étudiants disent ne pas se reconnaître de ces arrêtés consacrant des nouvelles dispositions dans les cursus académiques .Pour le président de l’Union Générale des Etudiants Burkinabè (UGEB), Danouma Ismaèl Traoré, ces nouvelles mesures du ministère sont anti étudiantes et ne seront guère la solution pour des académiques saines mais et surtout des records d’échec. Dans l’interview qu’il a accordée à TOUTE INFO, le leader de l’organisation des étudiants revient sur diverses questions comme les conditions sociales de ses camarades, la probable fusion du département de Communication et Journalisme avec l’Institut Panafricain d’Etudes et de Recherches sur les Médias Information et Communication (IPERMIC), etc. Lisez plutôt !!!

TOUTE INFO : Le ministère en charge de l’Enseignement du Supérieur a adopté des arrêtés portant sur un nouveau régime d’étude dans les universités publiques du Burkina. Pouvez-vous revenir sur ces arrêtés qui font déjà la polémique ?

Danouma Ismaël Traoré : Il faut dire que depuis le 25 février 2019, il y a eu deux arrêtés qui ont été signés par le ministre des Enseignements Supérieurs qui mentionnaient que, c’était sous proposition de la direction générale des enseignements supérieurs .Alors ces deux arrêtés portent sur le régime général d’étude au niveau master et la licence. Ce que nous constatons, ce régime doit permettre l’harmonisation de la formation .Que ce soit au niveau des universités publiques ou privées de notre pays .Cela est un élément que nous devons apprécier dans la forme. Toutefois nous constatons que cette harmonisation concerne l’élément les plus sévères, les plus durs pour les étudiants. C’est-à-dire que c’est le régime sévère qui était appliqué dans les autres universités qui veut être retenu.Pour être plus précis ,c’est que si vous prenez par exemple les critères de passage dans les universités publiques de Ouagadougou ,à Joseph Ki -Zerbo en l’occurrence ,pour passer en classe supérieure ,il fallait seulement valider un semestre (S).Si je valide le semestre 1 ,je peux progresser pour faire le semestre 3.Donc ,on dit que les semestres (les s ) vont de pairs ,tant pour les semestres pairs que les semestres impairs. Mais si vous prenez l’université Ouaga 2 ,il faut valider la totalité des semestres pour aller en année supérieure .Vous prenez à l’université Nazi Boni de Bobo Dioulasso ,vous n’avez même pas besoin de valider un semestre pour être admis en classe supérieure .Il suffisait de valider la moitié des crédits .L’année académiques faisant 30 crédit ,dès lors que je valide 30 ,je passe en classe supérieure .A l’université Norbert Zongo de Koudougou ,il fallait un semestre et valider les 2/3 du semestre suivant pour passer de classe même si on ne valide pas le reste de crédits .

Mais le constat que nous faisons sur ce cas précis de critères de passage , c’est la condition de passage de l’université Ouaga 2 qui a été généralisée .Alors que cette condition est la plus sévère comme nous l’avons dit .Aussi en ce qui concerne les étudiants ,qui pour une raison ou une autre par exemple pour des cas de force majeure n’arrivent pas à composer un devoir ,ont systématiquement la note 0.Et pas de session de rattrapage .Alors qu’on sait qu’un étudiant peut ne pas composer parce qu’il est malade .Cela pose un problème .Egalement ,avec ce régime d’étude, un étudiant peut être exclu .Ce qui n’est pas dans le cas du système LMD dans les grandes universités .Dès lors que l’étudiant n’avait pas validé sa licence ,il passe à un régime dit salarié .Mais l’étape actuelle ,une fois les années épuisées ,tu seras désormais exclus .Tu n’as plus la possibilité de poursuivre ,il faut t’inscrire ailleurs .

Il est aussi dit qu’avec cette nouvelle disposition, il n’est plus autorisé à s’inscrire dans deux filières différentes au même moment ?

C’est exact ,l’un des objectifs du LMD ,c’était de permettre la mobilité des étudiants ,leur permettre d’aller d’une UFR à une autre ….Mais désormais cela n’est pas possible .On peut pas s’inscrire dans le même niveau dans deux filières données .Par exemple en licence , je ne peux pas m’inscrire en première année de communication et journalisme et en Anglais .Donc ,ce n’est pas possible dans le même cycle avec le nouveau régime d’étude .Donc autant de situation qui nous font dire que ce régime est foncièrement anti étudiants .L’élément fondamental pour nous est que les étudiant n’ont pas été associés .On pense que ce qui doit gouverner nos universités ,c’est la démocratie participative .On doit faire de sorte que ceux qui sont concernés par une question donnée soient associés. Car au niveau de l’université, on parle de communauté universitaire .Et quand on parole de communauté universitaire, c’est pour dire qu’il y a les étudiants, il y a les enseignants, l’administration et le personnel ATOS .Il y a des instances dans lesquelles les étudiants doivent siéger pour donner également leur point de vu. Malheureusement, tout a été pris ailleurs et on veut l’imposer aux étudiants .En plus qu’on n’ait pas associés les premiers concernés, il y a des dispositions qui n’arrangent pas du tout les étudiants.

Mais est- ce qu’après tout, ce nouveau régime d’étude n’est pas une parade incontournable pour rattraper l’immense retard dans nos universités publiques ?

Absolument pas .Bien au contraire, cela va contribuer à accroitre le retard sur le terrain. Mais au-delà, ce sont des taux d’échecs de plus en plus records qu’on va réaliser .Quand on dit qu’on associe les deux semestres en un seul, là c’est pour dire que les conditions seront réunies pour que les étudiant échouent en masse.Aucunement, ce régime ne va permettre de rattraper le retard. D’ailleurs pour rattraper le retard, il y a des conditions qu’il faut réunir .Il faut des infrastructures, recruter suffisamment d’enseignants. Il faut réunir également les conditions sociales pour que les étudiant puissent étudier dans de bonnes conditions .Si on ne s’attaque pas aux causes du retard, on va se leurrer, on va tourner mais on ne pourra pas se rattraper. Vous savez qu’à plusieurs reprises, il y a eu des ateliers de recadrage à Koudougou et Konbissiri et ça ne va toujours pas .On est revenu à l’IDS, pour faire la rencontre de Ouagadougou sur le chevauchement et le retard des années académiques, ça n’a pas toujours apporté une solution.

Vous dites que vous n’avez pas été associés à l’élaboration du nouveau régime d’étude, qu’est-ce que vous avez alors fait pour situer votre position vis-à-vis de l’autorité ?

Nous avons réagis par un communiqué de presse. Et vu la pertinence de des points énumères, le ministère a vite fait de convoquer les étudiants pour leur expliquer. Nous, nous pensons que la démarche est déjà faussée à la base parce qu’il ne faut pas attendre que les étudiants puissent faire des réserves et se plaindre pour chercher à leur expliquer .Et le comble, lorsque nous avons été à la rencontre, il n’a pas été dit que nous pouvons apporter des contributions pour améliorerez le document. Ils nous ont dit que c’est juste un cadre pour informer, nous donner la bonne information .Et que nous n’avions pas la quintessence des différents points. Mais nous, nous disons que le texte est écrit en français et que nous l’avons lu et compris .Donc ,il n y’avait plus d’explication particulaire .S’ils veulent que nous donnons notre point de vu par rapport à ce régime d’étude ,qu’on donne la garantie que le débat que nous menons soit prise en compte .Si on veut juste nous convoquer pour dire que ,c’est un décret qu’on ne peut rien changer ,nous sommes désolés de ne pas participer à ce genre de foire

Quelle est l’étape suivante. Que feriez-vous pour qu’on vous entende ?

L’étape suivante, c’est la mobilisation .Nous allons discuter avec l’ensemble des étudiants ? Et donner une suite à la lutte .Mais ce qui est évident, c’est que les étudiants rejettent en bloc ces régimes d’étude et sont prêts à se battre qu’on n’applique pas ces dispositions dans nos universités .Dans les jours à venir la suite du mouvement sera donnée.

Actualité oblige, le département de communication et journalisme est en phase de fusion avec l’IPERMIC .Vous avez toujours dans vos revendications rejeté cette idée. Aujourd’hui, le débat est encore houleux avec un communiqué de l’ANEB émettant des inquiétudes, quel est votre point de vue ?

C’est vrai que la déclaration émane de la corporation ANEB de l’UFR LAC. Donc par principe, je ne suis pas autorisé à me prononcer .Mais ce que nous disons, nous sommes contre la privatisation de l’enseignement supérieur .On doit travailler de sorte que l’université soit accessible aux enfants du peuple .On sait bien combien les uns et les autres paient à l’IPERMIC. Ce n’est pas moins de 600 000 FCFA. En plus, on a vu comment les uns et les autres on gérer le département de communication et journalisme .Donc, on imagine ce qui sera fait si ce département est rattaché à l’IPERMIC.

L’Université Joseph Ki- Zerbo est en pleine réfection et fera bientôt peau neuve.Cela est quand même significatif et ce sont vos cris de cœur qui sont entendus ?

Ce n’est pas du tout entendu nos cris de cœur .Quand on dit qu’on a 25 000 places assises pour 70 000 étudiants, je ne pense pas que quelques réfections à gauche et à droite peuvent solutionner quelque chose sur le terrain .On a besoin qu’on construise suffisamment d’infrastructures, vous dites justement qu’on est en train de réfectionner. Le plus important, c’est de construire suffisamment à la taille des différentes promotions.

Propos recueillis par Alain Yaméogo

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