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(EXCLUSIF) L’ultime interview du général Gilbert Diendiéré où il demande au RSP de déposer les armes

D 29 septembre 2015     H 21:21     A TOUTE INFO     C 0 messages


Le général putschiste Gilbert Diendiéré a accordé une interview que l’on pourrait qualifier d’ultime à Radio Omega le mardi 29 septembre 2015 dans la soirée au moment où les forces armées nationales lançaient la prise du camp Naba KoomII. Il confie demander à ses troupes de l’ex. Régiment de sécurité présidentielle (RSP) de déposer les armes. Nous vous proposons ci-dessous l’intégralité de l’interview retranscrite par Amidou Kabré de la rédaction de Touteinfo.com.

Bonjour mon général.

Oui, bonjour

Dans un communiqué du gouvernement, on apprend que le désarmement s’est arrêté avec votre volonté, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu’il en est exactement ?

D’abord il ne s’agit pas de ma volonté. C’est la volonté des hommes, ce n’est pas moi qui incite les gens à ne pas désarmer. C’est vrai qu’ils me demandent des conseils, je leur prodigue des conseils nécessaires, mais ce n’est pas moi qui décide que désarmement ou du non désarment. Mais aujourd’hui vu la dégradation de la situation sécuritaire, je demande aux éléments du RSP d’accepter le désarmement, d’accepter de déposer les armes pour ne pas envenimer la situation. Je comprends leur douleur, leur colère, mais j’avoue que je suis, entend qu’officier général, je suis soucieux de la sécurité du pays, je suis soucieux de la paix sociale qui est nécessaire pour notre pays et je demande à tous les éléments de rentrer dans les rangs, de laisser tomber, de baisser les armes et de revenir au niveau de la caserne ou au niveau de leur lieu d’affectation

Vous êtes présentement à la caserne Naba Koom II, c’est bien cela ?

Exact

Il semble que tout tourne autour du Général Diendiéré, est-ce que vous communiquez avec eux, est-ce que vous leur demandez de remettre les armes ?

Oui, justement c’est ce que je fais. Actuellement, je leur demande actuellement de déposer les armes pour éviter tout bain de sang inutile.

Mais qui pilote présentement ces troupes ? On apprend que le commandant Azize Korogho qui est le chef de corps et le capitaine Abdoulaye Dao auraient déjà quitté les rangs de l’ancien Régiment de sécurité présidentielle, qui commande la troupe ?

Il ya des officiers qui sont là, il y a des sous officiers, mais il faut dire que le commandement est devenu un peu difficile compte tenu de la situation, compte tenu l’énervement des hommes. Pour cela, moi je leur demande, je leur de revenir en caserne, je leur demande de baisser les armes et de revenir à la caserne.

Est-ce que vous confirmez le départ du commandant Azize Korogho et du capitaine Abdoulaye Dao ?

Oui, ils sont allés, ils sont allés s’inscrire au niveau de ceux qui doivent partir et je voudrais également que les éléments qui ne sont pas encore allés à ce niveau là puissent y aller une fois que la réintégration des armes sera effective.

Ca veut que vous ne contrôler plus les éléments qui sont au camp, ces éléments qui vous respectent beaucoup d’ailleurs ?

Oui, effectivement il y a des éléments incontrôlés. Ils y a quelques éléments qui ont pris des initiatives et cela est très dangereux. Je demande à tous ces éléments de déposer les armes et d’aller se faire inscrire au niveau du camp 11 78.

Mais alors qu’est ce que ces éléments demandent au juste ? Qu’est-ce qui justifie leur énervement ?

Bon (sourire), cela est dû à beaucoup de choses. Je crois que j’ai eu l’occasion d’en parler et donc je ne pourrai pas revenir là-dessus. Je n’ai pas le temps de revenir sure ces questions, je voudrais donc appeler tout un chacun à faire preuve de maturité, à revenir déposer les armes.

Il semble qu’il y a eu des négociations depuis ce matin, est-ce que vous êtes intervenu, quel est votre point de vue ?

Oui, j’ai eu à discuter avec une des relations des éléments de ce corps, nous avons prodigué quelques conseils, mais j’avoue que cela était un peu difficile compte tenu de leur état d’esprit. Mais je pense que cela, tout cela va rentrer dans l’ordre.

Dans un communiqué du gouvernement, on apprend que le général Gilbert Diendiéré et le général Djibrill Bassolet auraient favorisé la pénétration de troupes étrangères et des djihadistes au Burkina Faso, est-ce bien cela ?

Non, non, je réfute catégoriquement cette assertion. Je n’ai pas été en tout cas mêlé de près, ni de loin à une telle opération. Je pense même qu’une telle opération ne s’est pas passée, je ne crois pas qu’il y ait eu des djihadistes qui soient rentrés ces derniers jours au Burkina Faso. Mais dans tous les cas, je réfute, je refuse d’accepter cette déclaration.

Qui sont vos interlocuteurs jusqu’à présent ?

Nous discutons avec le Chef d’Etat-major général des armées, nous discutons avec le secrétaire général du ministère de la défense, donc nous échangeons nos points de vue et bien sûr je fais un peu l’intermédiaire avec la troupe pour essayer de leur faire comprendre certaines choses.

On nous dit qu’au moins une centaine des anciens soldats du régiment de sécurité présidentielle ont déserté le camp Naba Koom II, est-ce que vous confirmez ?

Oui, je confirme que depuis que depuis il y a des éléments qui sont allés s’inscrire déjà. Je confirme cette information.

On annonce le gel des avoirs du général Gilbert Diendiéré et bien d’autres proches du général, est-ce que cela ne vous affaiblit pas ? Qu’est-ce que vous pensez des cette mesure ?

Bon nous parlerons de cette mesure en temps opportun, je pense qu’il y a des urgences actuellement, il faut que je puisse régler ces urgences pour la sécurité du pays.

Une dernière question, depuis hier la population craint un affrontement entre les éléments du RSP et le général Gilbert Diendiéré, on apprend même selon certaines sources que des blindés, des matériels de combat avanceraient vers le palais présidentiel. Dans un communiqué le Chef d’Etat-major général de l’armée demande à ce que la population vers Ouaga 2000 ne sorte pas, est-ce que vous êtes sûr que vos éléments que vous qualifiez d’incontrôlés peuvent éviter un affrontement ?

Bon, je ne sais pas. Sinon que je demande aux éléments de déposer les armes. Je souhaite, je sais qu’il y a effectivement des troupes qui s’avancent, c’est pour cela que je voudrais qu’on évite l’affrontement. Mais malheureusement, vous entendez certainement des tirs de roquettes, l’affrontement a peut-être déjà commencé. Mais donc nous avons souhaité éviter cela, mais voilà que cela est entrain de se passer.

Merci mon général

Merci, merci beaucoup et à bientôt

Intervew réalisée par Albert Nagréogo, Radio Omega
Retranscription par Amidou Kabré, touteinfo.com

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