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Crise à la CAMEG : Un sit-in d’une semaine pour faire plier le camp d’en face

D 9 septembre 2016     H 00:28     A TOUTE INFO     C 0 messages


Des agents de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG) étaient en sit-in ce jeudi 8 septembre 2016 à Ouagadougou. Ils ont dénoncé la crise qui prévaut au sein de la structure depuis quelques semaines déjà.

Une semaine, c’est la durée du sit-in entamé par les agents de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG) afin de se faire entendre. Et pour le début, l’on peut dire que la mobilisation n’est pas une réussite. Ils sont une centaine à avoir répondu à l’appel visant à faire plier le camp d’en face. Pour une manifestation censée débutée à 8 heures, c’est finalement à 9 heures qu’elle a débuté probablement à cause de la pluie qui a arrosé une partie de Ouagadougou aux environs de 7 heures du matin. Comme souligné précédemment, c’est à 9 heures que les manifestants se sont regroupés à l’entrée de la Trypano (ancien siège de la CAMEG). A laide d’un « Vouvouzéla », l’un des manifestants a fait le tour des bureaux pour annoncer le début du sit-in. Une fois regroupé, le délégué du personnel Ali Zongo a pris la parole. Après les salutations, place au partage d’informations. Il a annoncé alors à ses camarades du soutien non seulement de l’ordre mais aussi du syndicat des pharmaciens. D’après lui, des Organisations de la société civile dont il a préféré taire les noms leur ont également apporté leur soutien. L’autre information capitale qu’il a aussi partagée avec les manifestants, est celle liée au sabotage de la lutte par certains responsables de la CAMEG en l’occurrence Dr. Koussoubé. Ali Zongo accuse ce dernier d’avoir appelé des agents de service afin de les empêcher de prendre part au sit-in. D’après lui, le même Dr. Koussoubé a pris des avocats pour défendre le nouveau récépissé qu’il juge de faux et qui fait l’objet de contestation actuellement. « Si le récépissé passe cela veut dire que nous tous qui sommes ici nous serons licenciés » a rappelé le délégué du personnel. Il estime à cet effet, qu’il est opportun de faire barrage contre le faux récépissé. Si sur place certains ont souhaité constituer une délégation qui aura pour tâche de demander à l’accusé de descendre de son bureau afin de rejoindre les manifestants pour qu’ils puissent le mettre en garde contre ses agissements, d’autres ont souhaité que les manifestants se déplacent tous ensemble pour le rejoindre dans son bureau pour les mêmes raisons. Finalement, les deux propositions ont été abandonnées au profit d’une troisième qui propose de l’ignorer simplement car « Il aura de toutes les façons échos de la rencontre » a déclaré un des manifestants. Toujours dans les échanges, le délégué du personnel a mis également en garde des chefs de service qui tentent aussi d’empêcher des agents de prendre part au sit-in. Si pour l’heure il a préféré taire leur nom, il n’exclu pas de les dévoiler s’ils n’arrêtent pas leur manigance.

L’adoption du statu une priorité pour les manifestants

Il faut dire que si des slogans ne sont pas scandés au cours de ce sit-in comme on a l’habitude de le voir ailleurs, les messages de mise en garde sur les banderoles n’ont pas manqué. En effet sur le mûr de la clôture du bâtiment qui avait abrité le siège de la centrale, sont accrochées des banderoles sur lesquelles on peut lire : « Le respect de nos textes ou rien ! », « Non aux tentatives de déstabilisation de notre outil de travail », « Non à l’ingérence dans la gestion de la CAMEG ». Et même si la mobilisation n’est pas grandiose, la satisfaction d’être sortie est déjà une fierté pour le délégué du personnel Aboubakar Diallo qui s’est entretenu avec la presse. Il a confié que sur toute l’étendue du territoire où se trouve une agence de la CAMEG, les agents observent également le mot d’ordre. C’est donc sans gueule de bois qu’il accuse le ministre en charge de la santé d’être à la base de la crise qui secoue de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques quand il a déclaré : « Tout est parti d’un certain agissement de la part du ministère de la santé ». Si aujourd’hui les protagonistes ont décidé de régler leur différend par la voie juridique, les manifestants dénoncent le fait qu’au moment où la procédure judiciaire est en cours, des décisions sont prises soit pour limoger l’actuel directeur général de la structure soit pour nommer un nouveau ; ou même pour fixer la date de passation des charges. Alors pour notre interlocuteur, ce sit-in a pour objectif de dénoncer ces faits afin de permettre aux travailleurs d’exercer dans un environnement serein. Pour Aboubakar Diallo, la conséquence de cette crise est que la centrale se retrouve aujourd’hui avec deux récépissés, deux CAMEG, deux conseils d’administration, deux directeurs généraux ; toute chose qui ne favorise pas un environnement serein du travail. Au regard de cette situation, le délégué estime qu’il n’y a pas d’urgence à opérer un changement à la tête de la société. Pour les manifestants, c’est plutôt l’adoption du statu juridique de la structure qui est une priorité. Le représentant du personnel manifestant pense que cela permettra d’éviter des changements inopportuns à la tête de la structure.

Menace de grève

Il faut rappeler que le sit-in qui a débuté ce jeudi 8 septembre 2016, va durer une semaine. Et si au bout de ces sept jours, la crise ne connait pas une résolution positive, les manifestants par la voix de M. Diallo, menace d’aller en grève. Tout en restant optimiste Aboubakar Diallo dit espérer que cela ne va pas arriver parce que d’ici la fin du temps imparti pour le sit-in les choses vont tourner en la faveur de la raison. Chaque jour, le sit-in va durer de 8 heures à 11 heures a indiqué Aboubakar Diallo. Son collègue Ali Zongo a rappelé que demain, il aura lieu au siège de la CAMEG. La raison avancée est que le nouveau DG sera installé ce vendredi 9 septembre 2016, alors il a invité ses camardes à empêcher ladite installation. En attendant le 9 septembre, il a encouragé les manifestants à tenir bon et manifester jusqu’à l’heure prévue avant de retourner travailler pour le bien des populations, des parents, et aussi pour la réussite du programme du président du Faso en matière de santé.
Thierry KABORE
TOUTE INFO, Quotidien burkinabè en ligne