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LUTTE ANTI-TABAC : Afrique contre le tabac déclare la guerre à Impérial Tabacco

D 18 janvier 2017     H 20:36     A TOUTE INFO     C 0 messages


Ils ont voulu alerter le gouvernement et l’opinion nationale sur l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de lutte antitabac au Burkina Faso. Il s’agit d’Afrique contre le tabac (ACONTA) et le Réseau des journalistes antitabac du Burkina Faso (REJAT-BF) qui ont organisé une conférence de presse dans ce sens ce mardi 17 janvier 2017 à Ouagadougou

« Le tabac fait des ravages ». Ces mots sont du coordonnateur d’Afrique contre le tabac (ACONTA) Salif Nikiéma. Pour justifier ses propos, il a avancé le chiffre selon lequel 2000 décès sont enregistrés par an et dont la cause n’est rien d’autre que le tabac. Si la situation est critique, il s’emble que l’industrie du tabac au Burkina Faso s’enfiche pas mal. Cela s’explique par son refus d’appliquer la loi qui l’oblige à apposer les images de sensibilisation sur les paquets de cigarettes selon Salif Nikiéma. C’est avec l’intention d’obliger l’industrie à respecter la loi, qu’Afrique contre le tabac (ACONTA) et le Réseau des journalistes antitabac du Burkina Faso (REJAT-BF) ont décidé de tirer sur la sonnette d’alarme. Ils accusent l’industrie du tabac de s’ingérer dans les politiques de lutte antitabac au Burkina Faso. Le coordonnateur d’ACOUNTA, Salif Nikiéma a rappelé que depuis un an bientôt les paquets de cigarettes actuellement vendus sur le marché devraient comporter sur 60% des faces avant et arrière, des messages sanitaires graphiques qui rappellent aux fumeurs en particulier et au public en général que le tabac est source de maladies et cause de décès. Cette disposition a pour objectif de protéger les couches sociales les plus vulnérables que sont les jeunes et les ménages les plus pauvres et même de faciliter l’arrêt du tabac par les fumeurs selon lui. Malheureusement, l’application de la disposition est bloquée par l’industrie du tabac au Burkina Faso qu’il qualifie d’arrogante. « MABUCIG défie l’autorité de l’Etat en décidant de ne pas appliquer les textes juridiques portant apposition des messages sanitaires graphiques », a-t-il déclaré. Il estime par ailleurs que ce refus d’appliquer les textes s’interprète comme un défi vis-à-vis de l’autorité étatique burkinabè. Il va plus loin en déclarant que ladite industrie à travers ce refus veut montrer au peuple burkinabè qu’elle est plus forte que l’Etat burkinabè.

Impérial Tabacco la société sans cœur

Si on s’en tient aux propos du coordonnateur d’ACONTA, Impérial Tabacco est la seule à être à être à l’origine de ce blocage. Il justifie sa position du fait que de nombreux importateurs présents sur le territoire du Faso ont contacté le ministère de la Santé à qui ils ont exprimé leur désir de respecter la loi. Cependant, relève-t-il, ils ont peur des représailles de Impérial Tabacco ; « seule société productrice de tabac au Burkina Faso qui les en empêche » a-t-il souligné. Si ladite société est accusée d’être la seule à l’origine de ce blocage, elle est soutenue dans son action par le ministère du Commerce d’après Salif Nikiéma. Sans passer par quatre chemins, il a rappelé au camp d’en face que l’Etat burkinabè est le seul dépositaire de la souveraineté nationale dans notre pays. Par conséquent, comme toutes les sociétés commerciales, Impérial Tabacco et autres importateurs du tabac doivent respecter les lois pour être dans la légalité a-t-il soutenu.
En s’alignant derrière le ministre de la Santé dans cette lutte contre le tabac, ACONTA et REJAT-BF sont convaincus d’avoir choisi le bon camp car « il s’agit de la santé des Burkinabè et elle n’a pas de prix » selon le principal conférencier du jour. L’homme a profité de l’occasion pour annoncer aux fumeurs désireux d’arrêter de fumer qu’un centre de sevrage sera ouvert dans les jours à venir afin de les aider.
Afin de contraindre la société de fabrication de tabac à mettre en application la loi, les protagonistes seront départagés par la justice. En attendant ledit jugement, Salif Nikiéma se dit être confiant quant à une issue favorable lors du procès.

Thierry KABORE

TOUTE INFO, Quotidien burkinabè en ligne