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Politique : le premier ministre Dabiré s’est octroyé le luxe d’un discours normal dans un contexte ANORMAL à l’hémicycle

D 11 février 2021     H 14:00     A TOUTE INFO     C 0 messages



En février 2019, les Burkinabè avaient retenu les larmes de Christophe Dabiré devant les députés, lors de la Déclaration de politique générale (DPG). Il faut dire que les larmes étaient justifiées, tant la DPG de 2019 était teintée d’émotions. Les larmes et les mots choisis collaient au contexte difficile dans lequel le pays est plongé.
En février 2021, les Burkinabè retiendront certainement la longue liste des réformes proposées par Christophe Dabiré. Une liste longue mais lisse. Pêle-mêle, le Premier ministre annonce une unité de transformation de l’or et du charbon fin, un pôle de croissance du sud-ouest, une banque postale, un fonds unique pour l’emploi des jeunes, un fonds national de la finance, une réorganisation de l’administration, un nouveau code général des collectivités, une centrale d’achat des intrants et matériels agricoles. Bref, la liste est longue. Bien évidemment, il ne faut pas oublier l’adoption de la politique et de la stratégie de sécurité nationale et le forum de réconciliation nationale. A coup sûr, les Burkinabè n’en attendraient pas moins d’un premier ministre au moment où ils sont assaillis par une multitude de problèmes. Néanmoins, dire qu’on va organiser le forum de réconciliation nationale n’éclaire pas davantage sur les intentions du gouvernement sur la réconciliation. De même affirmer que l’on va cultiver l’éthique et la déontologie dans la conduite des affaires publiques ne parle pas trop aux Burkinabè.
Cela ferait-il scandale, si la Déclaration de politique générale du gouvernement accordaient une place de choix à la réconciliation, à la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la corruption ?
Le terrorisme avec son lot de tueries et de conflits communautaires, les mauvaises pratiques de gestions imputées parfois aux gouvernants, les rackets à ciel ouvert des populations dans les rues des grandes villes et dans les campagnes, le désespoir des jeunes à travers la réduction des emplois au niveau de la fonction publique, bref, le malaise est profond que ne le suppose la DPG de Christophe Dabiré.
Les populations peuvent-elles se sentir galvaniser par un discours aussi dans un contexte aussi explosif ?
« Pour le cas spécifique de l’enseignement supérieur, le ministre qui en a la charge, va rechercher des solutions concertées pour normaliser les années académiques et améliorer les conditions de vie et d’apprentissage dans les universités publiques », telle est l’intention de Christophe Dabiré envers les milliers d’étudiants qui sont égarés par le chevauchement des années universitaires. Ne valait-il pas mieux se taire ?

A qui parle Christophe Dabiré ?

Alors que les articles de presse se multiplient sur le calvaire des veuves et ayant droit des forces de défense et de sécurité tombées sur le champ d’honneur à entrer en possession de leur dû, le premier ministre est plus que muet sur une tel sujet.
Que dit-il de la guerre entre bandes rivales des transporteurs ? Rien. Pourtant à plusieurs reprises cette guerre a placé le pays entier dans une situation de rupture d’approvisionnement en produits de première nécessité.
Quelle est son intention envers ceux à qui le gouvernement refuse la justice ? Nous pensions à la vingtaine de policiers abusivement licenciés, qui ont remportés tous les procès mais que le gouvernement refuse de réintégrer ?
Va- t-il mettre fin au gangstérisme au sommet et qui consiste à réprimer tous ceux qui réclament le respect des engagements pris par le gouvernement ?
Les députés ont bien donné leur onction au premier ministre par 105 voix contre 21 et une abstention, mais la réalité est que ce discours est loin de donner de l’espoir aux millions de déçus de la gouvernance de Roch Marc Christian Kaboré. C’est une occasion manquée de plus pour remobiliser les millions de Burkinabè qui ne sont pas allés dans les urnes.
Pour des intentions, il faut reconnaitre qu’elles sont bien ternes. Et manifestement, Christophe Dabiré a choisi de prêcher pour ses amis et non pour le peuple.

La Rédaction
Editorial N°007 du mardi 9 février 2021
www.touteinfo.com, journal d’investigation en ligne
contact@touteinfo.com

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