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Les funérailles d’un politicien : le bal des hommages tronqués.

D 30 mars 2021     H 10:11     A TOUTE INFO     C 0 messages


Hambak (Hamed Bakayogo) ex-premier ministre ivoirien est mort, vive Hambak ! C’était déjà le slogan avec AGC (Amadou Gon Coulibaly) ancien Premier ministre de Côte d’Ivoire ou avec Salifou Diallo, ancien Président de l’Assemblée nationale du Burkina, mort en août 2017. Dans les funérailles, les politiciens ont l’art de porter au firmament leurs semblables. Tantôt serviteurs dévoués, tantôt modèles à suivre, tout est mis en œuvre pour leur trouver un héritage. Et si vous ne prenez garde, vous les prendrez pour immortels, suite aux larmes et aux éloges de leurs compères.

Il est vrai que quels que soient leurs états de services, le plus souvent calamiteux, ils ont droit à l’hommage de tous, pour le respect dû aux morts. Mais lorsque les larmes débordent l’on est dans un bal d’hypocrites. Et il n’est pas exagéré de dire que ce sont encore des occasions pour narguer les peuples, victimes résignés de la rapacité de dirigeants le plus souvent mal inspirés.
L’on draine des foules pour accueillir des cercueils. L’on remplit des stades dans des débauches de moyens financiers. L’on mobilise tous les véhicules rutilants de la République pour constituer des cortèges kilométriques. L’on chante à gogo des éloges. L’on verse des larmes en abondance. Et l’on oublie l’essentiel, à savoir le bilan d’un parcours parfois au détriment des aspirations des peuples.
Ce qu’ils n’ont jamais incarner de leur vivant, c’est ce que l’on essaie d’incruster dans l’imaginaire populaire à coup de renforts de publicités mensongères.
A l’échelle de la sous-région, qu’ils soient Présidents, Premiers ministres, Présidents d’Assemblées nationales, les politiciens ont l’art de semer corruptions, misères, conflits, etc. Donc, les discours si élogieux soient-ils, après leur mort, touchent peu des populations meurtries le long du magistère de l’illustre disparue. Des orateurs zélés et méprisants les aspirations des populations sautent sur l’occasion pour égrener des qualités, qui même si elles ont existées, n’ont jamais été ressenties par les populations.
Les amis dans le petit cercle eux, ils ont bon dos de s’épandre dans des propos dithyrambiques sur la générosité de l’illustre disparu, eux qui n’ont eu de cesse de repartir avec des enveloppes bourrées d’espèces sonnantes et trébuchantes à chaque visite. Ils ont pu aussi bénéficier de tous les passe- droits possibles.
Et il y a peu de chances que leurs mentors et les promoteurs des funérailles changent de trajectoire.
En attendant les prochaines funérailles
S’il y a un gain pour le peuple pendant ces périodes folkloriques, c’est la couleur du spectacle. Le peuple a au moins de quoi se distraire. Et les politiciens, à fonds là-dedans, chacun voulant afficher sa douleur et sa compassion offrent au peuple un spectacle gratuit, mais bien désolant.
La distraction une fois terminée, retour à la réalité de nos contrées, avec pour maîtres d’œuvres, ceux qui s’épandaient naguère dans des démonstrations de douleurs. Après l’intermède, ils retournent à leurs sports favoris, à savoir, le vol, l’arnaque, loin des attentes des populations.
Il y a pourtant tant à apprendre de ces moments de douleur pour les nations. L’une des toutes premières leçons, c’est que personne n’est immortel. Et comme tel, il y a lieu de cultiver son jardin avec humilité en se consacrant à la réalisation des aspirations des populations.
Autre leçon, c’est que les fortunes colossales amassées au détriment du peuple et dissimulées dans des paradis fiscaux ne sont d’aucun secours. Elles ne vous sauveront pas de la mort. Investies sur place dans des systèmes de santé performants, le moment venu, vous vous épargnerez de longs et épuisants voyages pour des soins. Cela pourrait certainement accroitre leurs chances de survie.
L’ultime leçon, c’est la reconnaissance du peuple. Il est vrai que nos politiciens n’en ont cure, mais ce devait être l’unique boussole. C’est la clef de l’immortalité pour tout politicien. Pour l’atteindre, il faut consacrer son énergie et des ressources du peuple à cela. Il faut réaliser les aspirations du peuple et non chercher seulement à se réaliser.
Tout en touchant du bois, il faut espérer que les politiciens prennent le temps de méditer sur ces quelques leçons.

La Rédaction

Editorial N°008 du mardi 30 mars 2021
www.touteinfo.com, journal d’investigation en ligne
contact@touteinfo.com

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