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50 ans de l’Observateur Paalga : « Certains ne nous donnaient même pas trois mois de vie » confie Edouard Ouédraogo, le fondateur

samedi 27 mai 2023

Le quotidien burkinabè l’Observateur à 50 ans. 50 ans que le premier journal imprimé privé de Haute Volta paraissait. Un jubilé d’Or qui est marqué de pierre blanche par l’ensemble de la presse burkinabè et même à l’internationale. Plusieurs activités sont au menu de de cette commémoration. L’articulation phare est le colloque international qui se tient à l’université Joseph Ki-Zerbo sur le thème : « les médias traditionnels face au numérique : résilience opportunité et défi. » Durant deux jours, du 23 au 24 mai 2023, les professionnels des médias débattront des mutations qui impacteraient la presse papier et les solutions envisageables. Le doyen des quotidiens organise également à l’occasion solennelle, une journée porte ouverte, le 25 mai dans ses locaux au grand marché de Ouagadougou. Des dons de vivres aux personnes déplacées internes sont aussi prévus dans le programme du cinquantenaire.


De la genèse de l’Observateur Paalga…..

Au départ le quotidien l’Observateur Paalga s’appelait tout simplement l’Observateur. Il ne comptait que quatre pages. C’est en 1991, que le terme Paalga (ndlr nouveau en langue nationale moore) va apparaitre. Comme pour dire l’Observateur Nouveau ou le Nouvel Observateur. En réalité, le quotidien est le premier journal imprimé et illustré de photo de la Haute Volta. Le premier numéro est paru le 28 mai 1978. Mais le 10 juin 1984, l’imprimerie du journal part en fumé, contraignant un silence du canard pendant sept ans jusqu’à la reparution le 15 février 1991. C’est à partir de ce moment qu’à apparu le terme Paalga, qui signifie la renaissance.

A l’occasion du jubilé d’or du quotidien, ce sont des souvenirs nostalgiques dont se remémore le fondateur du journal, Edouard Ouédraogo. « Ce cinquantenaire me rappelle qu’il y a 50 ans un certain 28 mai 1973 quand apparu le premier quotidien imprimé et illustré par la photo. Je dis bien imprimé et illustré par la photo car à la vérité avant l’Observateur, il y avait quand même quelques petites tentatives comme le soleil de Haute Volta. Mais la modernité du journal l’Observateur, c’est d’avoir été le premier quotidien privé indépendant imprimé et illustré par la photo. »

En plus explique le doyen Ouédraogo, sur le plan institutionnel c’était la première entreprise de presse puisque c’était non seulement un journal mais surtout un journal assis sur une société à responsabilité limitée qui était chargée de son édition.

L’Observateur Paalga, une aventure tumultueuse….

Le défi de lancer l’Observateur Paalga était risqué confesse Edouard Ouédraogo. Mais bon an mal an, le quotidien a pu résister pour traverser le temps.
« 50 ans après, nous sommes là. Quand nous le lancions, l’aventure était tellement risquée aussi bien pour nous-mêmes et les autres que beaucoup de gens disaient que finalement c’est une aventure risquée. Certains ne nous donnaient même pas trois mois de vie ». Gérer un quotidien dans le contexte de la Haute Volta il y ‘a 50 ans était plus qu’un pari. « Nous réussirons ce pari grâce à tout le monde, grâce à une équipe autour de moi, l’aide d’un grand frère industriel qui n’a pas lésiné sur les moyens quand il le fallait. Et bien sûr l’aide de tous les lecteurs et de toute l’opinion nationale voltaïque, nous avons pu relever le défi. »

La rupture de 10 juin 1984 pendant laquelle l’imprimerie a été incendiée reste le moment le plus troublant pour le directeur de publication. « Le sinistre nous a conduit à sept années de traversée de désert. Nous n’avons pu reprendre que 15 février 1991. Et quand nous avons repris, ça je peux dire que Dieu merci, nous avons été récompensés de tout ce que nous avons enduré comme souffrance parce que pendant plus d’une décennie nous avons réapparu sans avoir enregistré un seul invendu. Je le confesse, c’était des années grâces » indique Édouard Ouedreago.

La célébration du jubilé d’or de l’Observateur Paalga met surtout l’accent sur la réflexion au détriment du festif à savoir la rude concurrence du numérique avec la presse imprimée. Les débat du colloque international sur la question serviront de boussole pour le doyen des quotidiens burkinabè et partant à l’ensemble de la presse imprimée nationale.

Alain YAMEOGO