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Projet de loi sur la dépénalisation des délits de presse au CNT : l’UAS s’inquiète des conséquences liberticides des amendes de 10 à 15 millions

D 3 septembre 2015     H 22:18     A TOUTE INFO     C 0 messages


Le Conseil National de Transition (CNT) adopte en principe ce vendredi 4 septembre 2015 trois projets de lois portant respectivement sur la presse écrite, la presse audiovisuelle et la presse en ligne.

L’Unité d’Action Syndicale du Burkina (UAS) suit avec intérêt les débats sur ces projets de lois depuis le début du processus. Le mouvement syndical s’attend à ce qu’à l’issue du processus, le Burkina Faso se dote de textes garantissant la liberté de presse et d’expression, et à même de contribuer au renforcement de la démocratie dans notre pays.
L’UAS salue et encourage la volonté de dépénalisation des délits de presse admise par le gouvernement et cela pour être en règle vis-à-vis de ses engagements internationaux mais aussi pour prendre en compte les aspirations des acteurs de la presse et des démocrates sincères. En effet, il est inadmissible de nos jours, qu’un Etat dit démocratique envoie des journalistes en prison pour des délits de presse.
En revanche, les amendes proposées par le gouvernement de la Transition pour sanctionner les délits de presse, comprises entre dix et quinze millions de francs CFA sont, de l’avis du mouvement syndical, exorbitants et incompréhensibles au regard de ce que la presse a apporté et apporte avant, pendant et après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
C’est pourquoi,considérant l’appel des organisations professionnelles des médias contre les fortes amendes du 3 septembre 2015 ;
Considérant la réalité économique des entreprises de presse au Burkina ;
Considérant les conséquences éventuelles de telles amendes sur la réduction de l’espace démocratique et du pluralisme d’opinion ;
Le mouvement syndical :
  s’inquiète des conséquences liberticides de telles amendes sur la presse burkinabè ;
  encourage les organisations professionnelles des médias dans leur lutte pour une presse burkinabè libre et indépendante et leur apporte tout son soutien ;
  invite le gouvernement de la Transition à revoir ses ambitions à la baisse au sujet des amendes pour délits de presse ;
  invite les députés du CNT à prendre leur responsabilité et à ne pas avaliser de telles dispositions liberticides et à prendre plutôt des dispositions pour libérer la presse de toutes les entraves législatives.
En tout état de cause, le mouvement syndical s’est toujours battu et se battra aux côtés des autres forces sociales pour une presse libre et plurielle dans notre pays.

Ouagadougou, le 3 février 2015

Pour l’UAS
Le PDM des centrales syndicales
Bassolma BAZIE
SG/CGT-B