RSS 2.0 twitter google facebook youtube



Infos en boucle


Vous êtes ici : Accueil » Menu 2



Namissiguima : le gouvernement prône la fermeté pour installer la société minière True Gold Mining

D 6 juin 2015     H 00:54     A TOUTE INFO     C 0 messages


Le bras de fer entre les populations de Namissiguima dans la province du Yatenga et les autorités se durcit. Après la marche de protestation des habitants le 29 mai 2015 contre l’installation de la société minière True Gold dans la localité et la répression qui s’en est suivie, le gouvernement vient d’opter pour la fermeté : « faire respecter la loi ». Le ministre en charge des mines et le ministre de la sécurité ont animé une conférence de presse le jeudi 4 juin 2015 sur la situation.

Après le saccage et l’incendie des installations de la société minière True Gold Mining en janvier 2015 dans la commune de Namissiguima, rien n’avait évolué dans le désaccord qui règne entre les populations et la société minière. Pire, la situation s’est dégradée et a débouché le vendredi 29 mai dernier sur une marche « non autorisée », qui a finalement été dispersée. Le bilan fait état de dix (10) blessés dont sept (7) du côté de la population et 3 policiers selon les ministres Boubakar Ba des mines et Denise Auguste Barry de la sécurité qui ont animé la conférence de ce jeudi 4 juin 2015.

Historique et revendications des populations

Les deux membres du gouvernement ont fait une mise au point sur l’octroi du permis d’exploitation à la société, objet de polémique. Pour eux, cet octroi « a suivi toutes les procédures administratives et légales en la matière », ce depuis décembre 2013. Mieux, « des débats publics ont été organisés et ont concerné tous les villages impactés afin de recueillir leurs préoccupations » Ont-ils ajouté.
Les ministres Ba et Barry reconnaissent cependant qu’en novembre 2014, les représentants des jeunes de Namissiguima ont transmis à la société minière, une liste de revendications à savoir :
  l’abandon du site de Rambo situé à environ 1 km de la mosquée de Ramatoulaye, un village de la commune de Namissiguima ;
  le bitumage de la route entre Ouahigouya - Ramatoulaye,
  le recrutement davantage des jeunes de la commune,
  la priorisation du dialogue et de la communication pour les travaux à réaliser,
  la prise en compte des représentants des jeunes au sein du comité de liaison mis en place pour assurer le dialogue et le suivi des travaux de la mine.
A la suite des revendications des jeunes transmises à la société minière, le ministre de l’énergie et des mines a affirmé que c’était au tour de son département de recevoir une correspondance le 9 décembre 2014 signée des chefs coutumiers et religieux et des responsables d’associations. Une correspondance dans laquelle les signataires demandaient l’arrêt de l’exploitation de la mine. Ils justifiaient cette position par le fait que des dispositions semblent avoir été prises sans l’accord de toutes les forces vives de la commune.

La fermeté comme option du gouvernement

Vu la dégradation continue de la situation, Boubacar Ba dit avoir multiplié les démarches pour trouver un terrain d’entente entre les différentes parties. Les membres du gouvernement ont confié que des garanties ont été données au cheik (leader musulman) de Ramatoulaye que ni le village, ni la mosquée, encore moins le cimetière ne seront touchés. Ce qui fut peine perdue car ces démarches n’ont pas permis d’éviter la destruction des installations de la mine le 14 janvier passé et la dispersion de la marche du 29 mai dernier.
Le ministre en charge des mines affirme alors reconnaître un manque de communication entre les deux parties, mais ajoute qu’il y a certainement autre chose derrière tout cela. Il estime par exemple que la lettre de garantie (adressée au cheik de Ramatoulaye) n’a pas été présentée aux populations par ce dernier. Son collègue de la sécurité Auguste Dénise Barry ira plus loin en affirmant que « l’appréciation qu’on fait de la situation à Ramatoulaye, c’est que nous sommes définitivement rentrés dans une logique de fermeté. Face à ce qui se passe là-bas nous n’avons pas autre choix, nous avons fait tout ce qui était à notre pouvoir pour raisonner, sensibiliser. Mais je pense que les populations sont tout simplement prises en otage parce qu’on met en avant la question de la mosquée, de cimetière pour mobiliser la population ». Dans cette logique de fermeté, le ministre Barry a confié que quatorze (14) personnes ont été interpellées suite à la marche réprimée. Ce qui a permis de ramener le calme dans le village, à l’en croire. Ainsi, selon les animateurs de la conférence de presse, le gouvernement réaffirme sa détermination à faire respecter la loi et l’autorité de l’Etat partout ou besoin sera : « nous sommes dans un esprit de dialogue, mais il faut que les populations comprennent qu’on ne peut pas s’opposer comme ça à une décision du gouvernement ». A conclu le ministre Aboubacar Ba.

Dasmané Niangané